S’arrêter pour mieux bouger

Dans le cadre de mon travail, j’ai souvent l’occasion d’observer les enfants.  Un enfant peut passer plusieurs heures à faire la même chose, comme dessiner dans le sable avec un bâton.  Dans la tête d’un enfant, seul le moment présent compte. Seul le bruit du bâton qui glisse sur le sable et qui fait naître un soleil ou une fleur compte. L’image de cet enfant représente bien ce que signifie pour moi la pleine conscience: s’arrêter un moment pour contempler la simplicité et la beauté du moment présent.

Bon, évidemment, contrairement à l’enfant, l’adulte des années 2000 a autre chose à faire que de dessiner des papillons sur le sable.  Les dettes, l’hypothèque, le travail, la collègue de travail fatigante, les cours de karaté de Zach à 16:00, le cours de Yoga à 18:30, le smoothie vert de 3 fois par jour à préparer à 5:30 du matin … Bref, il est difficile de ne pas se faire avaler par le quotidien en tant qu’adulte. Et pourtant. L’enfant qui dessine sur le sable n’est jamais très loin à l’intérieur de nous.  Malgré qu’on s’en éloigne par moment, je crois fortement que la plupart d’entre nous aimeraient reconnecter avec lui de temps en temps. J’ai donc commencé à intégrer la pratique de la pleine conscience en la combinant avec la course à pied.  J’ai aussi commencé tranquillement à l’intégrer au travail.  Effectivement, il est surprenant de voir que de plus en plus de travailleuses sociales et de travailleurs sociaux et de travailleurs de la santé intègrent de plus en plus la pleine conscience à leur pratique afin de mieux gérer le stress que peut amener le travail au quotidien.

Ainsi, avant ou après chaque entraînement de course, je m’assois et je médite.   Je permets à mon esprit de ralentir et de ne rien faire. Être dans « l’Être ».   Arrêter d’être dans « le faire » pendant un instant.  Je médite souvent seulement 15 à 20 minutes par jour. Pas plus. Et ça s’intègre mieux dans un horaire de « fille pluggée par intraveineuse à la machine à café ». En combinant sport et pleine conscience, cela m’a permis de reconnecter avec l’essentiel, avec l’enfant qui joue dehors et qui s’arrête pour regarder un papillon qui passe. S’arrêter un moment pour ne rien faire, juste « être », tout simplement.

C’est aussi une manière de contester la société de performance au quotidien. C’est dire non à la rapidité, faire un éloge à la lenteur et à la simplicité.  Bref, d’être à contre-courant.

Cet article a été écrit par Laura Ducharme

Travailleuse sociale de formation et directrice clinique de l’Étoile, un organisme situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, Laura est une hyperactive. Plusieurs bulles au cerveau l’ont menée à participer à divers projets au Québec et ailleurs dans le monde. Elle est une passionnée de la course, de la randonnée pédestre et des arts martiaux. Elle pratique aussi depuis quelques années la méditation pleine conscience. Dans le but de démocratiser le plein air auprès des familles et des enfants, elle a récemment lancé son blogue personnel.

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