Non, ce n’est pas si facile d’opter pour un long voyage!

Choisir de voyager amène son lot de décisions difficiles. Tout récemment, il y avait un gros mariage dans ma famille proche. Mais voilà, je suis en voyage pour un an, à parcourir 12 villes en 12 mois. Chaque ville est remplie de découvertes et d’expériences à vivre. Et chacune de ces villes se situe dans un pays qui regorge d’endroits à voir! Lorsque j’ai pris la décision de partir pour ce long périple, j’ai aussi décidé de ne pas revenir au Québec durant cette année.

Pourquoi? Parce que les billets d’avion au départ des villes que je visite et à destination du Québec coûtent cher. Malgré des heures à écumer les sites d’offres, je n’ai rien trouvé comme vol qui me permettrait de revenir au Québec à un coût raisonnable. De plus, j’ai décidé de faire ce voyage pour découvrir 12 villes (dans 10 pays différents), mais il me faut un certain budget pour pouvoir expérimenter ce que chacun de ces endroits a à offrir.

Alors, concernant le choix déchirant de revenir pour le mariage ou non, c’est facile de dire «non, je ne reviendrai pas» avant de partir. C’est facile à quelques mois, à quelques semaines… Mais à quelques jours de l’événement, les émotions ont pris le dessus. Comment se sortir de l’inévitable vague d’émotions (culpabilité, peur de manquer un événement important, tristesse, isolation, solitude, vague à l’âme, etc.)?

Accepter de vivre l’inévitable vague d’émotions. C’est bien beau être rationnelle, mais c’est correct d’être triste, de s’ennuyer et de pleurer. Personnellement, ça me fait du bien d’écouter une playlist triste pour aller au fond des choses et pleurer un bon coup.

Planifier le rebond. Oui, il faut s’allouer un temps pour les émotions, mais on doit aussi à un certain point dire «OK, c’est assez, je passe à autre chose». C’est à ce moment qu’on doit se changer les idées. Pour ma part, j’ai quelques trucs infaillibles dans mon sac: je sors marcher et je «crinque» le volume sur une playlist qui déplace de l’air, je vais voir un film au cinéma ou je fais du yoga pour amener mon esprit ailleurs. Et quand l’un de ces trucs ne fonctionne pas, je les additionne tous jusqu’à ce que j’aille mieux! La veille du mariage, je suis allée voir un blockbuster au cinéma, j’ai pris une marche de deux heures avec mon iPod sur les oreilles et j’ai fait une heure de yoga avant de me coucher!

Répéter. Il se peut très bien que quelques heures plus tard ou le lendemain, une nouvelle vague d’émotions surgisse. Il ne faut pas hésiter à en parler aux gens autour de soi. Je ne partage pas naturellement beaucoup de détails sur ma vie ou celle des membres de ma famille avec les autres voyageurs, mais, dans ce cas-ci, je me suis permis de m’étendre sur le sujet, comme certaines personnes s’épanchent régulièrement ou racontent en long et en large des histoires banales ou portant sur des personnes de leur entourage. Pour une fois, j’ai imposé mon histoire dans une soirée, alors qu’habituellement je suis effacée et je laisse les autres occuper toute la discussion. Ça mettait également en perspective le fait que je passais beaucoup de temps à vérifier si j’avais des notifications ou de nouveaux messages sur mon téléphone.

Partager le moment. Pour moi, ce qui a été le moment charnière et m’a vraiment calmée, ça a été de recevoir des photos de ma famille au mariage. Une photo de la mariée remontant l’allée au bras de son père. Une photo du futur époux attendant au pied de l’autel. Les beaux habits et belles coiffures de tous et chacun. J’avais l’impression d’être (un peu) là avec eux! J’ai également envoyé de courts messages aux nouveaux mariés, le jour du mariage et le lendemain. Courts afin de ne pas prendre beaucoup de leur temps, mais assez pour leur faire sentir que je pensais à eux malgré la distance.

Voyager, ce n’est pas toujours tout rose; c’est un choix de vie qui peut paraître «bien plus facile» mais qui amène un lot de difficultés différentes. Il est toutefois si enrichissant de faire ce type d’expérience! On apprend des tonnes de choses sur soi-même et sur notre capacité à surmonter les petites et grandes difficultés.

Et vous, comment surmontez-vous les vagues à l’âme lorsque vous êtes en voyage pour une longue période?

 

 

Cet article a été écrit par Patricia Robichaud

Patricia est présentement en Bulgarie et fait partie d’une cohorte Remote Year. Elle en est au quatrième mois de son périple d’un an. Son prochain objectif: compléter la mise sur pied de son blogue et le mettre en ligne dans les prochains mois!