Méditer? Pourquoi pas!

femme méditation montagne paysage

 

 

Depuis que j’ai l’âge de raison, j’ai été bercée par une éducation teintée de raison, de philosophie et de spiritualité. Je parle de spiritualité, parce qu’avant d’embrasser une religion, je suis quelqu’un de spirituel. Ainsi, la méditation a été omniprésente dans ma vie. Et même si nous nous sommes perdues en cours de route, nos chemins se sont toujours recroisés.

La méditation, pour l’étourdie et l’anxieuse que je suis, c’est la possibilité de me recentrer. C’est le remède de mes maux de cerveau. Quand ma tête part à la dérive, la méditation est une bouée qui me ramène au rivage. Qui plus est, la méditation a évolué au point où elle n’est plus seulement l’apanage des gens spirituels, elle est désormais reconnue pour aider le cerveau.[1]

Plusieurs raisons me poussent à méditer parfois quotidiennement, parfois sporadiquement.

  1. Parce que j’angoisse ou je déprime[2]

La méditation aurait un effet relaxant.[3] On s’assoit, on ferme les yeux, on se concentre sur une respiration lente et profonde. Bref, en méditant, je cesse de penser à tous mes problèmes, je me concentre sur moi et sur le positif. Dans ce temps-là, je fais beaucoup de visualisation.

  1. Parce que je fais de l’insomnie[4]

Surtout enceinte, j’ai de la difficulté à m’endormir ou me rendormir. Deux options s’offrent alors à moi. Mais d’abord, je dois comprendre la source de mon insomnie. Si je fais de l’insomnie parce que j’ai une idée qui germe ou un travail à terminer, je me lève et je le fais. Dans les autres cas, je médite. Pas besoin de faire le lotus! Je reste couchée et je fais ma petite routine méditative habituelle. Je m’endors paisiblement.

  1. Parce que je suis dans la lune[5]

Je m’adresse aussi aux personnes ayant un TDA/H. J’ai la tête dans les nuages en permanence. M’organiser me demande énormément d’effort. Or, les études semblent démontrer un réel bénéfice de la méditation sur l’attention et la mémoire. Les sujets des différentes études n’étaient toutefois pas novices. Il faudra donc que je sois patiente et constante avant de constater de réels bénéfices! Vous aurez compris que je ne pratique pas encore la méditation quotidienne dans ce but, mais je m’y mets demain promis!

  1. Parce que je suis en plein accouchement[6]

Encore une fois, les scientifiques se sont penchés sur la question: peut-on réellement diminuer la douleur grâce à la méditation? Il semblerait que oui, avec quelques réserves. En effet, c’est la perception de la douleur qui serait changée, la douleur ayant quand même un rôle important à jouer. Toutefois, dans le cas des douleurs chroniques ou d’un accouchement, la méditation pourrait devenir très utile!

Entre autres, l’hypnonaissance, qui en fait n’est pas de l’hypnose, mais bien de la méditation, propose justement ce principe. Combien de femmes ont réussi à traverser la douleur de l’accouchement grâce à la méditation? J’en fais partie. Non pas sans douleur, mais avec une saine gestion de celle-ci.

Par où commencer?

Chaque fois que je propose à une connaissance d’essayer la méditation, des points d’interrogation apparaissent. C’est que la méditation a encore ce statut spirituel, et ce, même si la science ne cesse de démontrer son utilité et son efficacité. Les gens, souvent, ne savent pas trop comment s’y prendre. Ou encore, ils essaient de se concentrer et sont démotivés de voir leurs pensées gambader entre la concentration et les tracas de la vie.

C’est un autre sujet. Mais il n’y a pas qu’une seule façon de s’initier à la méditation. C’est beaucoup plus accessible que vous ne le croyez!

«Ok! Mais comment je fais?» vous demandez-vous. Parce que la méditation, ça fait un peu peur. On a tous essayé de méditer… Deux minutes plus tard, les pensées vagabondant, on se dit: «Ça ne marche pas!»

D’abord, il faut comprendre que la méditation mérite d’être enseignée et pratiquée. Comme dans toute discipline, nous ne pouvons exiger de notre corps qu’il maîtrise un exercice du premier coup. Chaque personne est différente, certaines auront plus de facilité que d’autres. L’important, c’est d’accepter que notre concentration ne soit pas parfaite et qu’elle vagabonde d’une idée à une autre.

Aussi, il est important de comprendre que la méditation et la concentration peuvent être exécutées de différentes façons. Certes, il y a la manière traditionnelle, celle qui consiste à ne rien faire et à se concentrer sur un mantra, une visualisation, un propos ou simplement sa respiration. Mais il y a aussi des façons plus simples de s’initier à la méditation. Pour ma part, le coloriage et les casse-tête sont deux activités extrêmement bénéfiques pour ma concentration. Elles me calment et m’aident à vider mon cerveau. De cet exercice découle une pratique méditative plus efficace.

  1. Visualiser

La plupart du temps, lorsque je médite, je fais de la visualisation. Je me visualise dans un grand champ, entourée de ceux qui me sont chers. Je visualise une lumière qui nous protège, etc. Bref, j’y vais de visualisations positives.

De la même façon, lorsque nous nous préparons à l’accouchement, mais surtout, à la gestion de la douleur, il est souvent proposé de visualiser. Par exemple, visualiser des vagues, et que chaque contraction en est une qui nous mène un peu plus près du rivage. Ou encore, visualiser le bébé, dans le ventre, qui fait son petit chemin à travers le col de l’utérus.

C’est ainsi que j’ai accouché les deux fois. Non sans douleur. Mais dans une certaine zénitude (ponctuée de crises de nerfs) qui m’a permis de sécréter du bonheur: de l’endorphine. Entre chaque contraction, je somnolais, je reprenais des forces. Merci à la méditation!

  1. Répéter un mantra

Sans tomber dans des mantras bouddhistes, il est possible de se créer son propre mantra. Une phrase. Un mot. Qu’on se répète en boucle. Si je peux encore une fois faire le lien avec mon accouchement, je me répétais des phrases comme «on est capables» ou «viens-t’en mon bébé».

Par ailleurs, lorsque je fais de l’anxiété, j’utilise aussi les mantras et la visualisation afin de me recentrer sur le moment présent. Oublier les hypothèses. Cesser d’anticiper.

  1. Écouter sa respiration

Cette technique toute simple, enseignée au yoga, est particulièrement connue et bien sûr efficace. Plusieurs techniques de respiration peuvent aider à se recentrer sur soi-même et se concentrer sur… absolument rien.

Déjà, juste apprendre à expirer en premier et complètement. Ma prof de yoga, cette chère Victorine, avait l’habitude de nous faire expirer jusqu’à ce que l’inspiration arrive naturellement. Ensuite, apprendre à respirer lentement.

Parmi les techniques connues que j’ai appréciées et utilisées, il y a la respiration yogique complète qui inclut la respiration abdominale, la respiration thoracique et la respiration claviculaire. En somme, respirer en prenant conscience du chemin que suit la respiration. Je vous conseille de la pratiquer, mais surtout de demander conseil à votre professeur.e de yoga.

J’aimais aussi les respirations bruyantes, comme l’abeille – qui consiste à expirer en faisant le bruit d’une abeille –, le «s» – expirer en prononçant un «s» –, ou toute autre respiration qui permet de faire des sons graves.

  1. Écouter une narration

Une façon de méditer qui m’interpelle moins, mais qui est appréciée pour sa simplicité: la narration. Concentrer ses pensées sur une musique ou les paroles relaxantes d’une personne.

Combien de fois me suis-je assoupie pendant le shavasana, aux douces paroles de ma prof de yoga qui me demandait de laisser chaque membre de mon corps fondre? J’en ressortais vivifiée.

Aussi, la musique, dans mon cas des chants monastiques, permet de relâcher les tensions et de se laisser aller. Nous pouvons nous concentrer à coordonner notre respiration au rythme de la musique, par exemple.

  1. Les exercices

Finalement, comme je l’ai mentionné plus haut, il y a des activités qui demandent une grande concentration. Personnellement, j’affectionne les casse-tête qui me permettent d’entrer dans ma bulle de telle façon qu’il m’est difficile d’en ressortir.

Mais de plus en plus, nous entendons parler de coloriage, et de ses bienfaits sur la concentration et l’attention. Nous voyons pulluler les cahiers de coloriage pour adultes et, plus particulièrement, les coloriages de mandalas. J’embarque à mille à l’heure dans ce nouveau mouvement pour ses bienfaits, mais aussi parce qu’il n’y a rien de mieux que de se permettre de retomber en enfance et juste colorier.

Ces techniques de méditation sont celles que je pratique, humblement, dans mon quotidien. Parfois, systématiquement, parfois, ponctuellement. Je ne m’impose pas de discipline stricte, mais lorsque j’en ai besoin, elles sont là qui m’attendent. Elles me font sincèrement du bien dans toutes les sphères de ma vie, que ce soit dans l’angoisse, l’insomnie ou l’accouchement.

[1] http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-eclaireurs/segments/chronique/6570/meditation-pleine-conscience-science-marianne-desautels-marissal

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/un-cerveau-plus-jeune-grace-a-la-meditation_19518

[2] http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=les_bienfaits_de_la_meditation_page_2_do

http://www.matthieuricard.org/blog/posts/gerer-le-stress-et-l-anxiete

http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/e2014-demi-heure-meditation-jour-anxiete-depression-51439/

[3] https://www.science-et-vie.com/article/on-a-compris-l-origine-de-l-effet-relaxant-de-la-meditation-sur-le-cerveau-8085

[4] http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=les_bienfaits_de_la_meditation_page_3_do

[5] http://nouvelles.umontreal.ca/article/2013/04/08/la-meditation-et-le-tdah-touchent-des-regions-du-cerveau-qui-se-chevauchent/

[6] http://nouvelles.umontreal.ca/article/2017/05/09/la-pleine-conscience-entre-au-laboratoire-sur-la-douleur/

 

Cet article a été écrit par Éveline Thibault-Lanctôt.

Hippie, geek et maman, je suis tête en l’air et touche-à-tout. École de tennis, rédaction, révision, communications, littérature… En devenant travailleuse autonome, je me suis permis d’assumer ma curiosité pleinement. Avec Fit Hippie, j’ai envie d’assumer mon côté hippie-grano à la limite rabat-joie et de partager réflexions et tranches de vie avec vous.

 

 Pour la suivre:

www.latelierdetennis.com

www.lescriptorium.ca