J’ai fait le choix de ne pas avoir d’enfant

Femme sur un quai regardant une montagneJe n’ai pas d’enfant. Je me permets de le dire haut et fort parce que derrière cet énoncé, il n’y a ni tristesse ni déception. C’est un choix de vie, MON choix de vie. Je n’en ai jamais désiré. Je viens pourtant d’une famille aimante et tissée serrée. Il faut croire que lorsque mes parents m’ont tricotée, la fibre maternelle a été oubliée. À chacun ses défauts de fabrication!

Toute petite, je n’ai jamais aimé les poupées. Je n’ai jamais joué à la mère ni catiné mes peluches. Lorsque mon cousin (plus jeune que moi) arrivait à la maison, je me cachais pour ne pas avoir en m’en occuper. Ce ne sont peut-être que des coïncidences, mais j’ai tout de même toujours eu le sentiment profond que je ne voulais pas devenir une maman.

Tout au long de mon adolescence, je n’ai pas pris conscience que je faisais un choix «marginal». Entre amies, même si on jasait souvent de notre envie d’avoir des enfants ou non, l’heure n’était pas du tout à la décision. En vieillissant, j’ai commencé à me rendre compte que je n’étais pas dans la «norme». Mon choix de vie allait à l’encontre des valeurs de la plupart des personnes de mon entourage. J’ai constaté que la famille demeure un élément essentiel au bonheur pour les gens en général. Pour ne pas avoir à justifier ma décision de ne pas fonder de famille et aussi pour ne pas ébranler les valeurs profondes des gens qui me posaient la question, j’ai rapidement appris à détourner la vérité. De pieux mensonges, évidemment. À la question «As-tu des enfants?», je répondais: pas encore. Lorsqu’on me demandait si je voulais des enfants, je disais: plus tard.

Avec les années, mes amis et mes frères ont commencé à avoir des enfants. J’ai été témoin de moments heureux, de partage de tendresse et de grande fierté dans le regard. J’ai vu ces petits bouts de chou grandir, devenir des adolescents et de magnifiques jeunes adultes. J’ai vu des familles se serrer les coudes lors de petites et de grandes épreuves. Malgré tout ça, je n’ai jamais douté. En aucun temps ma petite voix intérieure ne m’a dit de réfléchir par deux fois à mon choix. Mon horloge biologique n’a même pas sonné! Rares sont les certitudes dans ma vie, mais à ce sujet, aucun doute.

Un jour, quelqu’un m’a fait remarquer que mon amoureux et moi faisions une vie sans ponctuation: il nous manquait un trait d’union. Nous n’avons pas de «mini-nous» qui nous ressemblent beaucoup. Il y a lui et moi, moi et lui, sans plus. J’avoue que vieillir seule me fait un peu peur. Je ne crains pas la solitude, mais bien le manque d’appui et de support dans des moments de vulnérabilité. Ça fait partie intégrante de mon choix de vie et je dois apprendre à l’apprivoiser. Je fais confiance à la vie. Elle saura mettre les bonnes personnes sur mon chemin en temps et lieu.

Je sais que je passe à côté de moments extraordinaires et que je ne vivrai jamais cet amour inconditionnel. Ça demeure encore difficile par moments d’assumer un choix qui est différent de la masse. Personne (ou presque) n’aime sortir du lot. J’ai quand même choisi de composer ma vie de manière différente, en accord avec qui je suis. Je ne vivrai pas non plus la conclusion de tous les contes de fées (ils se marièrent et eurent de nombreux enfants). Mais je suis heureuse de pouvoir créer un conte des temps modernes dans lequel je me suis composé un rôle parfait pour moi.

 

Stephanie Beaulieu

Cet article a été écrit par Stéphanie Beaulieu.

Amoureuse de la vie, des animaux et du café. Solitaire dans l’âme mais nourrie par la beauté des gens qui m’entourent. Femme de lettres, je suis factrice de métier. Avide d’espace et de liberté. Toujours le sourire et le cœur heureux. La petite fille en moi n’est jamais bien loin… et un brin taquine.

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